7 ans, c’est le temps qu’il aura fallu attendre avant d’avoir droit à un nouvel album de The Strokes.

The New Abnormal est le sixième album du groupe, avec le légendaire Rick Rubin à la production. Album qui sort alors que le monde vit en effet une époque tout sauf normale, un peu comme si la bande à Casablancas était visionnaire.

Lorsque le groupe se produisait à Londres au Roundhouse en février dernier, Julian Casablancas, le chanteur, n’hésitait pas à lancer au public : “I know what people wanna hear, and I hate giving it to them.”
Ce que ne savait peut-être pas Casablancas à ce moment là, c’est qu’il se préparait à leur donner exactement ce qu’ils voulaient.

Avec ce nouvel album, le groupe continue de puiser son inspiration dans le rock de la fin des 70’s et 80’s. L’influence de The Clash, Joy Divison & co est omniprésente tout au long de l’album, tout comme elle l’était dans les précédents également.

Avec ce sixième opus, la voix de Julian Casablancas s’affirme un peu plus, une mise en avant qui n’est pas là pour nous déplaire… On notera également un falsetto plus travaillé. Enfin, me direz-vous !
Les guitares sont quant à elles un peu plus en retrait par rapport à ce que le groupe avait pour habitude de nous proposer par le passé. Mais il était impossible de voir les riffs, presque marque de fabrique du groupe, disparaitre pour autant. Et heureusement, c’est loin d’être le cas.

Il est bon de rappeler qu’on est mine de rien loin de Is This it, sorti en 2001. Les membres de The Strokes n’ont plus 20 ans et le groupe signe ici un album globalement moins énergique que les précédents, moins “rock garage” et même quelque peu électro par moment.

L’album démarre sobrement avec The Adults are Talking, où l’on reconnaitra quasiment dès les premières notes la patte musicale du groupe. La nonchalance de Julian Casablancas elle aussi est également reconnaissable dès que celui-ci se met à chanter. Et après seulement une minute, lorsque celui-ci chante : “We are trying hard to get your attention”, on peut féliciter le groupe pour une belle entrée en matière puisque notre attention, ils l’ont maintenant toute entière.
La mélancolie est toujours aussi présente tandis que le rythme, lui, est toujours aussi entraînant.

Impossible d’évoquer l’album sans mentionner le morceau Bad Decisions, écrit et composé avec Billy Idol et qui vous rappellera peut-être les heures de gloire de Green Day.
La voix rauque de Casablancas couplée aux guitares saturées vous rendra forcément nostalgique.

Eternal Summer, probablement mon morceau préféré de l’album, vous rappellera obligatoirement Pink Floyd/Roger Waters et Julian Casablancas n’a jamais sonné aussi juste tandis que At The Doors, autre excellent titre qui suit juste après, aurait pu très bien pu faire partie de l’album Comedown Machine.

Mais je le répète, ne vous attendez pas à retrouver ici les riffs de Room on Fire ou encore l’énergie présente dans Is This it.
L’album est moins enervé que ses prédecesseurs mais incroyablement efficace dans son exécution. Moins brouillon et beaucoup plus travaillé que ce que le groupe avait pour habitude d’offrir par le passé.

En conclusion, The Strokes c’était mieux avant ?
Pas vraiment. La recette reste la même et tant mieux, puisqu’elle est terriblement efficace… Mais elle n’arrive malheureusement plus à surprendre.

Soit le groupe peine à trouver l’inspiration pour évoluer, soit il ne le veut pas. Tout simplement.
Bref, The New Abnormal est un best-of de The Strokes, un concentré de ce que le groupe sait faire de mieux.

Mention spéciale à la magnifique et complexe pochette d’album qui n’est autre que l’oeuvre de Jean-Michel Basquiat “Bird on Money”.