Chaque mois, Not a Music Blog vous présente cinq anecdotes hip-hop, où vous retrouverez des coups de pub bien pensés, des circonstances improbables qui ont amené à la création de classiques, ou simplement des anecdotes qui montrent que le passage de l’anonymat au succès international ne tient souvent pas à grand-chose.

Turn tragedy to triumpH

Le premier single de Kanye West en tant que rappeur a une histoire bien particulière. Le 23 octobre 2002 vers 3 heures du matin, à la sortie d’une session studio en Californie, Kanye est victime d’un accident de voiture presque fatal. Hospitalisé en urgence pour une chirurgie réparatrice, sa mâchoire est immobilisée. Bien qu’incapable de s’exprimer avec totale clarté, Kanye insistera pour enregistrer un morceau à peine deux semaines après l’accident. C’est « Through the Wire », référence au fait qu’il rappe malgré le fil métallique autour de sa mâchoire.

Les dirigeants du label Roc-a-Fella, d’abord réticents à l’idée de laisser le talentueux producteur s’essayer au rap, sont convaincus par le morceau. « Through the Wire », sorti en 2003, arrive à la 15ème place du Billboard Hot 100, accrochant au passage une nomination aux Grammy Awards. College Dropout sort en 2004 et se révèle être un succès fulgurant qui influencera toute une génération. Dans une interview, Kanye considèrera que cet épisode fut à la fois la meilleure et la pire chose qui lui soit arrivée.

“That’s like a new Wu-Tang, right?”

 

Les fans invétérés de Lil Wayne savent qu’il n’écoute que très peu de rap en dehors de sa propre discographie, au point où il ignore parfois totalement qui sont les rappeurs du moment. A l’occasion d’une interview pour faire la promotion de son album Funeral, il avoue que certains rappeurs sont même vexés qu’il n’ait jamais entendu parler d’eux. Illustration parfaite de cette déconnexion, Wayne pensait que 21 Savage était en fait le nom d’un supergroupe. « Quand ils m’ont interrogé [à son sujet], j’ai dit : “Ils ont 21 rappeurs dans un groupe ?…” J’étais tellement sérieux. J’ai dit : “Mec, c’est comme un nouveau Wu-Tang, non ? ” »

You only get one shot

Nous sommes en 2005. Big Sean a tout juste 18 ans et essaie de se faire un nom sur la scène rap de Detroit en participant à des concours de battles. Un jour, il apprend que Kanye West est de passage pour faire une interview pour une radio locale et décide d’aller à sa rencontre. Par chance, il parvient à l’intercepter à sa sortie du studio et le supplie d’écouter son freestyle. D’abord peu intéressé, Kanye sera finalement d’accord pour écouter 16 mesures, pas plus.

C’est l’occasion d’une vie. Le boss de G.O.O.D. Music est assez satisfait pour garder un exemplaire de la démo de Big Sean et, fait exceptionnel, le recontacter peu de temps après. Deux ans plus tard, le rappeur de Detroit signe son premier contrat. Des débuts dignes d’un scénario de film, auxquels Sean fera allusion sur le morceau « Burn », où il rappe « I had one shot and I ain’t blow it » : j’ai eu une chance et je ne l’ai pas ratée.

Who dat?

Jas Prince est un personnage influent des coulisses du hip-hop. Fils de Jay Prince, fondateur du label Rap-a-Lot Records et lui-même figure très puissante, il bénéficie d’un important réseau de connexions dans l’industrie, se liant d’amitié avec les plus grandes stars. En 2006, Jas est à la recherche de la future star du rap et arrange une entrevue avec son bon ami Lil Wayne (qui à l’époque est au sommet du game). Lors de cette rencontre, il lui fait écouter des morceaux trouvés sur la page Myspace d’un rappeur qui commence à faire pas mal parler sur Internet, un certain Drake. La première réaction de Wayne fut la suivante : « Jas, ne me fais plus jamais écouter ça. Il est nul ! ».

Malgré ce rejet net, Prince est conscient du potentiel du jeune rappeur canadien et est bien déterminé à le faire signer. Il contacte directement Drake et lui envoie des morceaux et lui demande de s’enregistrer en train de rapper dessus. Il va même jusqu’à lui livrer la version instrumentale de « A Milli » qui était tout simplement introuvable à l’époque.

Plus tard dans l’année, durant une soirée du Nouvel An, Jas Prince fait encore écouter du Drake à Lil Wayne et lui montre qu’il sait aussi chanter, ce à quoi Weezy répond : « Attends, ce mec est vraiment dingue. Faisons-le venir ici tout de suite ! »

Hi haters!

En novembre 2019, T-Pain découvre l’existence du site fucktpain.com, dont le but était de compiler des tweets critiques voire insultants à son encontre. Au lieu d’essayer de faire fermer le site, il préfère racheter le nom de domaine et placer sur la page d’accueil un lien redirigeant vers sa propre boutique en ligne, où l’on trouve des goodies « Fuck T-Pain ». Une bonne façon d’être nourri par la haine !