Chaque mois, Not a Music Blog vous présente cinq anecdotes hip-hop, où vous retrouverez des coups de pub bien pensés, des circonstances improbables qui ont amené à la création de classiques, ou simplement des anecdotes qui montrent que le passage de l’anonymat au succès international ne tient souvent pas à grand-chose.

Is that for me?

Si vous êtes un rappeur en quête de nouvelles “prods” ou bien un fan d’un certain type de son, vous connaissez sûrement les “type beats”, instrus réalisées dans le style d’un certain artiste. Elles sont postées par des producteurs sur Youtube et peuvent être gratuites ou proposées à la vente. En mettant le nom du rappeur suivi de “type-beat” en mot-clé dans le titre, le producteur a plus de chances d’être bien référencé et d’apparaître dans les premières recherches.

Certains rappeurs avouent écouter les type beats conçus pour eux (Lil Pump, Vald en rap français…). Parmi eux, Joey Bada$$ est allé encore plus loin : le natif de Brooklyn avoue avoir trouvé l’instrumental de son morceau “Christ Conscious” en écoutant des type beats faites pour lui !

C’est la preuve que les productions postées sur Youtube peuvent souvent tomber dans la bonne oreille !

Cool name!

Donald Glover est un artiste unique et aux multiples facettes. Acteur, producteur, humoriste, il est surtout connu pour sa carrière musicale sous le nom de Childish Gambino. Invité chez Jay Leno, l’auteur de « This is America » explique qu’il a trouvé ce pseudonyme grâce à un générateur de nom de rappeur, conçu pour donner des noms dans le style de ceux du Wu-Tang Clan (Ghostface Killah, Method Man, Inspectah Deck…).

Créé en 2002, le site est toujours en ligne et remercie même Childish Gambino pour la notoriété apportée. Libre à vous d’essayer aussi !

P.S. : Post Malone a également trouvé son nom grâce à un générateur aléatoire !

Time to go

Beaucoup d’anecdotes légendaires planent autour des artistes et de leurs sessions d’enregistrement. Plus qu’un espace de travail, le studio un véritable lieu de vie où sont invités amis et membres de l’entourage pour des premières écoutes, des discussions ou des soirées. La plupart des studios sont même équipés de chambres à coucher, ce qui permet littéralement d’y vivre (Marvin Gaye passait tellement de temps dans son studio que l’endroit était surnommé « Marvin’s Room » ! Grands habitués des journées passées en studio ou des longues séances nocturnes, les rappeurs ont eux aussi leur lot d’histoires et leurs façons de travailler.

Dans une interview accordée à Hot 97, Akon raconte les habitudes uniques d’Eminem, avec qui il a collaboré en 2006 sur le titre « Smack That ».

« Il vient au studio à 9 heures [du matin] tous les jours, prend sa pause déjeuner à 13 heures et se tire à 17 heures […] Je suis au milieu de l’écriture du morceau, et il me fait “Yo, je vais aller déjeuner” »

Des « horaires de bureau » qui surprennent le chanteur qui, arrivé à 18 heures le premier jour, trouve le studio désert ! Les jours suivants, le rappeur de Detroit lui explique qu’il aime être en studio, mais qu’il ne veut pas que le temps qu’il y passe soit source de stress à cause de longs horaires. Il préfère donc considérer cela comme « un vrai job » et libérer du temps à passer avec sa fille. Akon avoue que cette collaboration a changé sa façon de voir les choses et que maintenant, il n’essaie plus de forcer la créativité, adoptant une approche plus libre du temps en studio.

That’s racist!

En mars 2016, J.Cole travaille sur son quatrième album, 4 Your Eyez Only. Désireux d’échapper aux paparazzi et à son statut de célébrité, il loue une grande maison dans une banlieue huppée de Caroline du Nord et invite tous les artistes et producteurs de son label à le rejoindre pour faire de la musique en paix. Les voisins de la propriété remarquent les aller-retours des Ubers et les rassemblements sous le porche, et l’un d’eux appelle la police en affirmant sans preuves que la maison est utilisée pour faire pousser de l’herbe et vendre de la drogue. Par la suite, une unité d’intervention armée de la police (le SWAT) est déployée : ils enfoncent la porte et fouillent l’appartement de fond en comble.

J. Cole et son crew sont au festival SXSW au moment des faits, mais cet incident marque profondément le rappeur et fera l’objet de « Neighbors », où il se servira du raid initié par des voisins racistes pour illustrer la condition de l’homme noir aux Etats-Unis. Les images de l’intervention, filmée par les caméras de surveillance de la maison, sont utilisées pour le clip du morceau.

A Petty Penny!

Ja Rule, rappeur de premier plan des années 2000, n’est aujourd’hui plus tout à fait au pic de sa carrière. En 2018, il poste un message sur Instagram pour faire la promotion d’un concert au Texas. Ne parvenant pas à remplir la salle, il propose une promotion avec des billets à seulement 15 dollars. En commentaire de la publication, un certain 50 Cent déclare : “Je viens d’acheter 200 sièges à l’avant pour qu’ils soient vides. LOL.”

Le clash entre 50 Cent et Ja Rule reste l’un des plus célèbres des années 2000, se réinitiant de temps à autres de nos jours, souvent sur les réseaux sociaux, si bien qu’en 2018 (presque vingt ans après), la star de Get Rich or Die Tryin’ ne semblait toujours pas prête à lâcher le morceau. « Fif’ » a en effet dépensé 3000 dollars pour acheter 200 billets pour le concert de son ancien ennemi, s’accaparant les premiers rangs pour les laisser entièrement vides.
Les followers de 50 Cent sur Instagram le savent habitué des frasques et des moqueries jugées de mauvais goûts envers des célébrités. Durant les semaines suivantes, il fait la promotion de sa blague en postant notamment un Photoshop de lui dans un stade vide.
De son côté, Ja Rule a simplement répondu qu’il se réjouissait du fait qu’il rende 50 cent fou.